20091118-Strasbourg

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Allocution de Maud de Boer-Buquicchio
Secrétaire Générale adjointe du Conseil de l’Europe
Allocution lors du concours d'affiche international :
« Agis pour tes droits »

 

Strasbourg, le 18 novembre 2009

Embargo jusqu’au prononcé / seul le prononcé fait foi

Mesdames, Messieurs,
Chers Enfants,

En parcourant ce matin cette exposition, un passage du Petit Prince de Saint Exupéry m’est venu à l’esprit. Avant de prendre congé du Petit Prince, le renard lui livre un secret: « On ne voit bien qu'avec le cœur. L'essentiel est invisible pour les yeux ».

Ces affiches qui nous font l’honneur de décorer le Conseil de l’Europe ne doivent pas être jugées par leur qualités artistiques, les techniques utilisées, la difficulté de réalisation, etc.… L’essentiel des messages qu’elles transmettent est invisible pour les yeux et doit donc être reçu avec le cœur.
En réalité, au lieu de servir à juger les affiches réalisées par les enfants, ce concours est plutôt l’occasion de nous juger
nous-mêmes, les adultes : d’évaluer notre capacité à comprendre et à agir pour préserver et défendre ce qui est vraiment essentiel.

Pour le Conseil de l’Europe, l’essentiel est de promouvoir et de protéger les droits de toutes et de tous : femmes, hommes et enfants. Dans notre travail, nous nous heurtons souvent à des obstacles (ou des excuses) tels que le manque de ressources financières ou d’expertise, des impératifs relevant de la sécurité, le besoin de respecter les traditions ou une certaine perception de l’opinion publique… Ces excuses sont souvent utilisées pour relativiser et nier ainsi ce qui est l’essence même des droits de l’homme: leur universalité. Ceci revient à changer des lunettes en fonction de la réalité et résulte souvent dans un jugement déformé et un échec dans l’action.

Lorsqu’il s’agit des enfants, le discours des adultes devient encore plus ambigu. On accepte que certaines formes de violences (telles que les châtiments corporels) puissent être infligées aux enfants.

Tandis que ces « subtilités » n’ont pas lieu d’être lorsqu’il s’agit de violence commise entre adultes.

On exclut souvent les enfants des décisions leur concernant car on les juge pas capables de comprendre mais, tandis qu’en même temps, on n’hésite pas à les rendre pénalement responsables et les mettre en prison lorsqu’ils violent la loi. On a aussi une mémoire sélective par rapport à leurs droits fondamentaux : on reconnaît volontiers le droit à la santé et à l’éducation mais on oublie le droit à rester en contact avec ses parents, à une justice adaptée et à l’accès à l’information, par exemple. Enfin, on parle des violations des droits de l’enfant à l’étranger, et on néglige celles qui font partie du quotidien de tous les pays en Europe : à l’école, à la maison, dans le cyberespace…

Je tiens à remercier aux Francas et, surtout, à tous les enfants qui ont participé au concours, de nous avoir confronté à l’essentiel à travers l’œuvre des enfants devenus à la fois artistes et acteurs de leurs droits.

Je tiens également à vous confirmer la détermination du Conseil de l’Europe à continuer à afficher les droits de l’enfant dans ses priorités et à œuvrer pour la construction d’une Europe –et d’un monde - pour et avec les enfants.

Je vous remercie pour votre attention.