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Intervention de M. Philippe Richert, Ministre en charge des Collectivités territoriales et Président du Conseil régional d’Alsace, à l'occasion de l'Université d'Eté de la Démocratie, Strasbourg, 27 juin 2011

 

Monsieur le Secrétaire général,
Monsieur le Président de l’Assemblée parlementaire,
Mesdames, Messieurs les Ministres,
Mesdames, Messieurs,

Nous avons une chance extraordinaire. La plus extraordinaire qui soit. Les générations qui nous ont précédés ont vécu dans une Europe divisée, déchirée, une Europe en guerre.

Notre chance, notre chance incomparable, c’est de vivre dans une Europe en paix.

Il en a fallu du temps.

Il a fallu 1949 et la première réunion, ici, à Strasbourg, du Conseil de l’Europe.

Il a fallu 1989, la chute du Mur de Berlin et le formidable vent de liberté qui s’est levé sur l’Est de notre continent.

Et aujourd’hui nous vivons, une nouvelle fois encore, un moment clé de l’histoire.

La Révolution de jasmin, cher Rafaa Ben Achour, est un moment prodigieux, exaltant, passionnant.

Elle porte en elle une grande promesse : des peuples auxquels on ne promettait jamais que les pires régimes veulent aujourd’hui la démocratie. Ils la réclament.

Une page de l’histoire s’ouvre sous nos yeux. Et ceux qui l’écriront, ce sont ces peuples qui aspirent à la liberté. Personne d’autre.

L’histoire européenne nous le montre, la longue expérience du Conseil de l’Europe nous l’apprend : la construction de la démocratie, l’affirmation de l’Etat de droit, l’instauration des droits de l’Homme ne sont pas des chantiers faciles à mener.

Il faut du temps, de la persévérance. Et quand on croit y être parvenu, c’est le moment de remettre l’ouvrage sur le métier.

Winston Churchill, qui est le véritable père de l’organisation paneuropéenne, celui qui a jeté les bases, en 1946, dans son discours de Zurich, de ce qui allait devenir trois ans plus tard le Conseil de l’Europe, Churchill avait cette formule saisissante : « La démocratie est le pire des régimes, à l’exception de tous les autres. »

Il n’y a pas, à proprement parler, de démocratie parfaite dans le monde.

Et si jamais cela était le cas, si l’on pouvait atteindre l’idéal démocratique et le faire vivre totalement dans nos institutions, nous ne serions pas en France en train de renouveler en profondeur notre démocratie locale…

La réforme des collectivités territoriales est aujourd’hui l’un des principaux enjeux de la démocratie française.

Comment rechercher l’efficacité optimale de l’action publique tout en renforçant la responsabilité des élus locaux ? Comment faire confiance aux territoires, décider plus près de nos concitoyens, alors que pèse de tout son poids une tradition centralisatrise multiséculaire ?

Ce sont les questions que nous nous posons aujourd’hui en France. C’est le sens de la réforme que j’ai la charge de conduire…

La démocratie est, pour nous tous, un horizon indépassable. Mais, dans les faits, elle est toujours une réalité perfectible.

Alors, je voudrais remercier le Conseil de l’Europe et ses écoles d’études politiques : pendant trois jours, ces Universités d’été vont permettre de débattre ici à Strasbourg de sujets fondamentaux.

On aurait tort de croire que ces sujets n’intéressent que ceux qui nous viennent des « pays en transition »…

En vérité, les débats des Universités d’été nous concernent tous, car en matière de démocratie je crains bien que nous soyons tous des pays en transition.

C’est la raison, d’ailleurs, pour laquelle le Conseil régional d’Alsace que j’ai l’honneur de présider considère avec une grande attention les perspectives que le Conseil de l’Europe dessine pour l’avenir : ouvrir les Universités d’été de la démocratie plus largement, afin de consacrer ce rendez-vous strasbourgeois comme un temps fort international.

 

Mesdames, Messieurs,
Chers Amis,

Vous qui appartenez aux écoles d’études politiques du Conseil de l’Europe, vous êtes les valeurs montantes de chacun de vos pays.

Vous l’êtes, parce que vous en avez les compétences, l’intelligence, le talent.

Vous l’êtes, parce que chacune et chacun d’entre vous portez et incarnez les valeurs démocratiques.

Vous êtes l’avenir de vos pays.

Parce que vous êtes jeunes, que vous êtes brillants et que l’avenir tout entier vous appartient.

Mais aussi parce qu’il n’y a pas d’avenir pour un pays sans démocratie. Il n’y a pas de développement réellement durable, de stabilité, de juste répartition des ressources et des richesses, ni de prospérité véritable sans démocratie.

Alors, je voudrais vous souhaiter la bienvenue en Alsace et à Strasbourg.

Avec le Conseil de l’Europe, avec la Cour européenne des Droits de l’Homme qui garantit les libertés fondamentales à 800 millions d’Européens, Strasbourg est la ville où l’Europe prend sens.

C’est l’Europe à visage humain, l’Europe de la démocratie et du droit, l’Europe du cœur.

A Strasbourg, vous êtes ici chez vous !