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En ligne ou hors ligne, il n’est pas de liberté sans bonne gouvernance

La Haye, 9 décembre 2011

 
 
 
 
S’exprimant lors d'une conférence sur la liberté dans le cyberespace, organisée à La Haye par le ministère néerlandais des Affaires étrangères, la Secrétaire Générale adjointe du Conseil de l’Europe, Mme Maud de Boer-Buquicchio, a évoqué les enjeux liés au développement de l’Internet, «espace ouvert que chacun utilise, mais que personne ne possède ni ne contrôle». 
«Nous devons imaginer, pour l’Internet, un modèle de gouvernance participative. Il ne pourra s’agir que d’un système qui permette à tous les acteurs de l’Internet (en particulier les gouvernements, les organisations internationales, l’industrie et la société civile) de contribuer à la gestion de cette ressource et qui fasse sien un ensemble de principes, dont le respect des droits de l’homme, de la démocratie et de l’état de droit. Si nous voulons un maximum de liberté et un minimum de restrictions, il nous faut un mécanisme de freins et de contrepoids. Un système qui ne sacrifie ni le droit à la vie privée, ni la liberté d’expression, ni les droits des consommateurs, ni la protection de l'enfance».
La Secrétaire Générale adjointe a également insisté sur la nécessité d’agir pour protéger la vie privée et les données personnelles sur l’Internet – «l'un des défis majeurs pour la protection des droits de l’homme en ligne» - et a mis en avant les solutions que propose la Convention du Conseil de l’Europe sur la protection des données, texte qui pourrait devenir une référence mondiale.
Elle a enfin fait part de son inquiétude face à la cybercriminalité, en particulier celle qui touche les enfants, et a appelé les gouvernements à combattre ces agissements en coopération avec l’industrie et la société civile. «Je ne puis me faire à l’idée que les abus et l’exploitation dont sont victimes les enfants représentent le prix à payer pour la liberté d'expression, ni du reste pour aucune liberté. Je suis convaincue que la créativité et les forces positives présentes au sein de la communauté Internet n’ont pas encore été mises à profit pour résoudre ce dilemme. La Convention sur la cybercriminalité et la Convention pour la protection des enfants contre l’exploitation et les abus sexuels offrent un cadre d'action et de discussion idéal. Il faut modifier les codes pénaux, adopter des codes de conduite, améliorer les enquêtes et les poursuites. Il convient de former des professionnels et de responsabiliser parents et enfants».